Saviez-vous que certaines plantes sont interdites à la plantation en Wallonie ?

Saviez-vous que certaines plantes sont interdites à la plantation en Wallonie ?

Certaines plantes présentes dans nos jardins peuvent sembler parfaitement inoffensives. Elles ont parfois même été plantées volontairement il y a plusieurs années pour leurs qualités ornementales.

Pourtant, certaines espèces sont aujourd’hui reconnues comme plantes exotiques envahissantes et font l’objet de restrictions particulières.

En Wallonie, 17 espèces végétales sont interdites à la plantation sur l’ensemble du territoire, y compris dans les jardins et propriétés privées.

Et l’interdiction ne concerne pas uniquement leur plantation : le dépôt de déchets verts comprenant des spécimens de ces espèces est également interdit.

Mais pourquoi certaines plantes sont-elles interdites ? Quelles sont les espèces concernées ? Et que faire lorsqu’une plante invasive est déjà présente sur votre terrain ?

Et ailleurs en Belgique ?
Les règles ne sont pas nécessairement identiques en Wallonie, en Flandre et à Bruxelles. À la réglementation régionale s’ajoute également la réglementation européenne concernant certaines espèces exotiques envahissantes. Nous faisons le point plus bas dans cet article.

Pourquoi certaines plantes sont-elles interdites ?

Toutes les plantes exotiques ne sont pas nécessairement invasives.

Certaines espèces présentent cependant des caractéristiques qui leur permettent de se développer rapidement, de se disperser et de coloniser progressivement de nouveaux espaces.

Selon les espèces, leur propagation peut notamment se faire par :

  • les graines ;
  • les racines ;
  • les rhizomes ;
  • les fragments de tiges ;
  • le déplacement de terres contaminées ;
  • les déchets végétaux.

Lorsqu’elles s’installent dans un milieu favorable, certaines plantes invasives peuvent entrer en concurrence avec la végétation locale et perturber les écosystèmes.

C’est notamment pour limiter l’apparition de nouveaux foyers et leur propagation que certaines espèces font aujourd’hui l’objet d’une réglementation spécifique.

Quelles sont les 17 plantes interdites à la plantation en Wallonie ?

La réglementation wallonne reprend actuellement 17 espèces dont la plantation est interdite sur l’ensemble du territoire wallon, y compris sur les propriétés privées.

Aster lancéolé

Aster lanceolatus Willd.

Aster à feuilles de saule

Aster × salignus Willd.

Bident à fruits noirs

Bidens frondosa L.

Crassule des étangs

Crassula helmsii (T. Kirk) Cock.

Souchet vigoureux

Cyperus eragrostis Lam.

Fraisier des Indes

Duchesnea indica (Andrews) Focke

Égéria

Egeria densa Planch.

Renouée du Japon

Fallopia japonica (Houtt.) Ronse Decraene

Renouée de Sakhaline

Fallopia sachalinensis (F. Schmidt Petrop.) Ronse Decraene

Renouée de Bohème

Fallopia × bohemica (Chrtek et Chrtkova) J.P. Bailey

Jacinthe d’Espagne

Hyacinthoides hispanica (Mill.) Rothm.

Balsamine à petites fleurs

Impatiens parviflora DC.

Mimule tacheté

Mimulus guttatus DC.

Cerisier tardif

Prunus serotina Ehrh.

Séneçon sud-africain

Senecio inaequidens DC.

Solidage du Canada

Solidago canadensis L.

Solidage glabre

Solidago gigantea Ait.

Une interdiction qui concerne également les jardins privés

C’est probablement l’un des points les moins connus de cette réglementation.

L’interdiction ne concerne pas uniquement les espaces publics, les réserves naturelles ou les abords des cours d’eau.

Pour ces 17 espèces, la plantation est également interdite sur une propriété privée.

Il n’est donc pas autorisé d’en réaliser une nouvelle plantation dans son jardin, même si l’espèce a pu être utilisée autrefois comme plante ornementale.

L’objectif est notamment d’éviter la création de nouveaux foyers susceptibles de se propager ensuite vers d’autres propriétés ou vers les milieux naturels.

Attention également aux déchets végétaux

Lorsqu’une plante invasive est retirée, la manière dont les déchets végétaux sont manipulés et évacués est particulièrement importante.

Certaines espèces disposent en effet de capacités de régénération importantes.

Selon la plante concernée, des graines, des fragments de tiges, de racines ou de rhizomes peuvent participer à sa propagation.

Le déplacement de terres contaminées peut également constituer un facteur de dispersion pour certaines espèces.

C’est pourquoi le dépôt de déchets verts comprenant des spécimens des 17 espèces concernées est également interdit par la réglementation wallonne.

Les résidus provenant d’une plante invasive ne doivent donc pas être considérés comme de simples déchets de jardin.

La renouée du Japon : une plante interdite particulièrement difficile à maîtriser

Parmi les 17 espèces concernées figure une plante que nous rencontrons sur le terrain : la renouée du Japon (Fallopia japonica).

Deux espèces proches sont également reprises dans la liste :

  • la renouée de Sakhaline ;
  • la renouée de Bohème.

La difficulté avec les renouées asiatiques se situe en grande partie sous terre.

Ces plantes développent un réseau de rhizomes capable de permettre leur régénération et leur progression.

La végétation visible en surface ne permet donc pas nécessairement d’apprécier l’étendue réelle de la zone concernée.

Une intervention inadaptée peut également favoriser la dispersion de fragments végétaux ou de terres contaminées vers d’autres zones.

Avant toute intervention, il est donc important de déterminer l’étendue de la contamination et d’adapter la méthode de gestion à la configuration du terrain.

La simple coupe des parties visibles ne signifie pas que le système souterrain a été éliminé.

Une plante interdite pousse déjà dans mon jardin : dois-je la supprimer ?

Il faut ici faire une distinction importante entre interdiction de plantation et obligation d’éradication.

Le fait qu’une espèce figure dans la liste wallonne des plantes interdites à la plantation ne signifie pas automatiquement que chaque propriétaire chez qui elle est déjà présente est tenu de procéder immédiatement à son éradication.

En revanche, il est important d’éviter d’en favoriser la propagation ou de créer de nouveaux foyers.

La situation doit également être examinée en fonction de l’espèce concernée, car certaines plantes peuvent être soumises à d’autres dispositions réglementaires, notamment lorsqu’elles sont également concernées par la réglementation européenne sur les espèces exotiques envahissantes.

Et qu’en est-il dans le reste de la Belgique ?

La réglementation concernant les plantes exotiques envahissantes ne s’arrête évidemment pas aux frontières de la Wallonie.

Il faut toutefois savoir que les règles ne sont pas nécessairement identiques en Wallonie, en Flandre et dans la Région de Bruxelles-Capitale.

La gestion des espèces exotiques envahissantes repose sur différents niveaux de réglementation, notamment européen et régional.

Une réglementation européenne applicable dans toute la Belgique

À l’échelle européenne, certaines espèces sont reprises sur la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l’Union européenne.

Ces espèces font l’objet de restrictions destinées à empêcher leur introduction, leur détention, leur culture, leur transport, leur commercialisation ou encore leur libération dans l’environnement, selon les dispositions prévues par la réglementation européenne.

Cette réglementation s’applique en Belgique et concerne donc la Wallonie, la Flandre et la Région de Bruxelles-Capitale.

Des règles complémentaires selon les Régions

À cette réglementation européenne peuvent s’ajouter des dispositions propres à chaque Région.

C’est notamment le cas en Wallonie avec les 17 espèces présentées dans cet article, dont toute nouvelle plantation est interdite sur l’ensemble du territoire wallon.

La Flandre et la Région de Bruxelles-Capitale disposent également de leurs propres dispositions en matière de protection de la nature et de gestion des espèces exotiques envahissantes.

Il n’est donc pas exact de considérer qu’il existe une seule liste de “plantes interdites en Belgique” applicable de manière identique dans les trois Régions.

Selon l’espèce et la localisation du terrain, il convient de vérifier la réglementation européenne ainsi que les dispositions applicables dans la Région concernée.

À retenir
Une plante peut être considérée comme invasive sans être soumise exactement aux mêmes restrictions partout en Belgique. Le statut réglementaire d’une espèce doit toujours être vérifié en fonction de l’espèce concernée et de la Région dans laquelle elle se trouve.

Et les bambous, sont-ils interdits à la plantation en Wallonie ?

C’est une question importante, car plante invasive et plante interdite ne signifient pas la même chose.

Les bambous traçants que nous rencontrons régulièrement dans les jardins ne figurent pas parmi les 17 espèces dont la plantation est interdite sur l’ensemble du territoire wallon.

Cela ne signifie toutefois pas qu’ils sont sans risque.

Certaines espèces de bambous développent un réseau de rhizomes traçants particulièrement dynamique. Lorsque leur développement n’est pas correctement maîtrisé, les rhizomes peuvent progressivement quitter la zone initialement destinée à la plantation.

Ils peuvent notamment se développer :

  • sous le gazon ;
  • dans les massifs plantés et les haies ;
  • sous les clôtures ;
  • vers les propriétés voisines ;
  • sous certains revêtements et aménagements ;
  • le long des terrasses et structures maçonnées.

La problématique est donc différente de celle d’une plante légalement interdite.

Dans le cas d’un bambou traçant, l’enjeu consiste notamment à maîtriser son développement souterrain et à empêcher le réseau de rhizomes de coloniser des zones qui n’étaient pas destinées à accueillir la plantation.

Toutes les plantes invasives sont-elles interdites en Wallonie ?

Non.

C’est une distinction essentielle.

Une plante peut présenter un caractère invasif sans pour autant faire partie des 17 espèces dont toute nouvelle plantation est interdite sur l’ensemble du territoire wallon.

La réglementation wallonne prévoit par ailleurs d’autres restrictions concernant certaines plantes exotiques envahissantes, notamment dans et à proximité de certains sites protégés et cours d’eau.

À cela s’ajoute la réglementation européenne relative aux espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l’Union.

Il est donc important de ne pas confondre :

Plante exotique → plante invasive → plante réglementée → plante interdite à la plantation

Ces notions peuvent être liées, mais elles ne sont pas équivalentes.

Avant d’intervenir : identifier, analyser et choisir la méthode adaptée

Face à une plante invasive, la première étape consiste à identifier correctement l’espèce.

Il faut ensuite comprendre son mode de propagation et déterminer l’étendue réelle de son développement.

Cette analyse est particulièrement importante pour les espèces capables de se développer par un système souterrain de racines ou de rhizomes.

Une intervention efficace ne consiste donc pas nécessairement à faire disparaître uniquement ce qui est visible en surface.

Chez Bambou Clean, nous intervenons dans la gestion et l’éradication de plantes invasives, avec une expertise particulière dans les espèces présentant des systèmes souterrains complexes, notamment les bambous traçants et les renouées asiatiques.

Notre approche consiste à analyser la situation sur le terrain, identifier les zones concernées et déterminer une méthode d’intervention adaptée à l’espèce et à la configuration du terrain.

L’objectif : intervenir sur le développement de la plante à sa source, et pas uniquement supprimer ce qui est visible en surface.

Vous avez identifié une plante invasive sur votre terrain ?
Une identification et une analyse de son développement permettent de déterminer la méthode d’intervention adaptée.

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